Quarante jours ( les dimanches ne sont pas comptés dans ces 40 jours) avant Pâques, l'Eglise, par sa Sainte Liturgie, nous fait entrer dans une période de préparation à fêter la Résurrection du Christ. L'institution de ce jeûne solennel remonte aux premiers temps du Christianisme. Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même l'a inauguré par son exemple, en jeûnant quarante jours et quarante nuits dans le désert ; et s'il n'a pas voulu, dans sa suprême sagesse, en faire un commandement divin qui dès lors n'eût plus été susceptible de dispense, il a du moins déclaré que le jeûne imposé si souvent par l'ordre de Dieu dans l'ancienne loi serait aussi pratiqué par les enfants de la loi nouvelle.(Pour aller plus loin dans cet historique du Carême lire Dom Guéranger en suivant ce lien )

Image bible tamarPourquoi les cendres ?

La Cendre, symbole de poussière, pour signifier que nous sommes mortels et poussière. La Bible en est remplie. Ainsi par exemple 

  • «Me voici pareil à la poussière et à la cendre», le crie Job après avoir tout perdu (Jb 30, 19)
  • Tamar, fille de David, «répandit de la cendre sur sa tête» après avoir été violée (2S 13, 19)
  • «Ô fille de mon peuple, revêts-toi de sac et roule-toi dans la cendre ! Prends le deuil», demande Jérémie à Jérusalem (Jr 6, 26).
  • «Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière» Ps 103, 29
  • «Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras» (Gn 3, 19). formule qu'utilise la liturgie en imposant la cendre sur le front des fidèles, ce mercredi des Cendres, que dans beaucoup d'endroit on préfère, à tord, d'utiliser l'autre formule tiré de l’Évangile de St Mathieu «Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » (Mc 1,15)
  • Etc....

Mais pour la Bible, ce geste de pénitence anticipe aussi la victoire pour qui sait s’engager à faire confiance à Dieu.

  • C’est le cas pour Judith qui, pour prier Dieu avant de combattre le Babylonien ­Holopherne, «répandit de la cendre sur sa tête et ne garda que le sac dont elle était vêtue» (Jdt 4, 11).
  • Pour Isaïe, le Messie se manifestera en venant «consoler tous ceux qui sont en deuil» et «mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre» (Is 61, 3).
  • Pour aller plus loin voici un billet spirituel par un moine bénédictin
  • Tous les chants de cette messe d'entrée de carême 

  • Lectures de ce jour peuvent être méditée ici >>>  

 

L'introït "Misereris omnium, Domine" ("Tu as pitié de tous, Seigneur, et tu ne hais aucune de tes créatures ; tu ne tiens pas compte des péchés des hommes pour qu'ils se convertissent, et tu leur pardonnes, car tu es le Seigneur notre Dieu") nous situe bien dans le contexte du Salut par le Sacrifice du Christ auquel le Carême nous prépare

 

Bonne entrée en Carême

Invocabit me, et ego exaudiam eum.1 Quadragesima

Il m'invoquera et je l'exaucerai ; je le délivrerai et le glorifierai, de longs jours je le rassasierai.
V/. Celui qui habite à l'abri du Très-Haut se reposera sous la protection du Dieu du ciel.

L'introït est tiré du Psaume 90, qui forme à lui seul la matière à tous les chants propres de cette Messe. Nous avons parlé déjà de l'appropriation que l'Eglise a faite de ce beau cantique, à la situation du chrétien durant le Carême. Tout nous y entretient de l'espérance que l'âme chrétienne doit concevoir dans le secours divin, en ces jours où elle a résolu de se livrer tout entière à la prière et à la lutte contre les ennemis de Dieu et d'elle-même. Le Seigneur lui promet, dans l'Introït, que sa confiance ne sera pas vaine (Dom Guéranger pour un commentaire intégral de ce dimanche suivre ce lien)

Nous sommes habitués depuis longtemps à commencer le Carême le jour du mercredi des cendres. Pourtant, le début officiel de cette longue période, au plan liturgique au moins, était bien le premier dimanche de Carême. La liturgie de ce dimanche apparaît d'ailleurs encore nettement comme une introduction au Carême. Or le choix de l’Église pour ce chant d'entrée qui inaugure la liturgie du Carême est tout à fait remarquable. Au lieu de nous inviter d'emblée à la pénitence, comme on aurait pu s'y attendre, l’Église préfère fixer les yeux de notre âme sur une promesse qu'on pourrait appeler la promesse de l'intimité divine ... lire la suite 

Les enregistrements MP3 sont à trouver ici >>>  
Les lectures sont ici >>>

Bon dimanche et bonne semaine

image-2DCTibi dixit
Mon cœur t'a dit : Je cherche ton visage, c'est ton visage, Seigneur que je cherche. Ne détourne pas de moi ta face. (Ps 26, 8.9
Ps. Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ? (Ps 26, 1)

Il nous invite à mettre notre confiance dans le Seigneur, à chercher sa face. Dieu va glorifier son Fils (1er dimanche), il va aussi NOUS glorifier avec LUI. Il s'est transfiguré. Nous aussi nous transfigurerons avec LUI.
Ce bel introït est à chanter avec le vrai mode III c'est à dire avec sa dominante SI et non DO. Le SI a cette force qui nous fait aller vers le DO, qui nous transfigure en quelque sorte en nous faisant monter sur la montagne de la Transfiguration et nous fait demeurer en hauteur avec les deux tristropha encadrant une virga. épisémée. Une illumination comme la figure transfigurée du Christ.

Retrouver les enregistrement MP3 ici >>>   
Pour approfondir les textes de ce dimanche suivre ici >>>

Bon dimanche et bonne semaine

 

 

3car B Marc JesusChassantLesMarchandsDuTempleOculi mei semper ad Dominum

Mes yeux sont toujours tournées vers le Seigneur, car c'est lui qui dégagera mes pieds du filet : Regarde-moi, Seigneur, et prends pitié de moi, car je suis pauvre et isolé.
V/. Vers toi, Seigneur j'élève mon âme ; en toi, mon Dieu, je mets ma confiance ; je n'aurai pas à en rougir.

L’introït du troisième dimanche de Carême est du septième mode, mais il s’agit ici d’un septième mode "recueilli" qui n’a pas le flamboiement des grandes pièces. Même quand il s’élève mélodiquement, il garde une certaine réserve et douceur. L’enseignement spirituel de cet introït est très riche pourtant : il nous parle de la prière assidue qui est élévation de l’âme vers Dieu (« mes yeux sont toujours tournés vers le Seigneur ») ; il nous décrit la confiance que suscite la considération de l’œuvre de Salut accomplie par le Christ (« car c’est Lui qui dégagera mes pieds du filet ») ; il évoque l’attitude fondamentale du chrétien vis-à-vis de ce Salut : l’humilité et la petitesse qui oblige Dieu à déployer sa puissance d’amour (« Regardez-moi, Seigneur, prenez pitié de moi, car je suis pauvre et isolé »). Quand le regard de Dieu et le nôtre se croisent, il y a la vie, il y a l’amour, il y a la joie. Notre chant d’entrée est tout imprégné de cette relation d’amour fondée sur un échange assidu de regards.

Tourné vers les hauteurs

D’emblée, l’élévation de l’âme que représente le regard tourné vers les hauteurs, pour exprimer l’acte de la prière, est très bien traduite, avec une grande simplicité (*). Le passage syllabique qui suit immédiatement la quinte initiale, exprime le fait que l’âme, une fois hissée jusqu’au monde de Dieu, s’y établit avec aisance et complaisance. Le mot semper marque de son côté l’assiduité et la chaleur de la relation, que traduisent les épisèmes qui affectent les deux syllabes du mot (*). La mélodie se déploie tout au long de cet introït avec une grâce vraiment particulière et fait de lui un authentique petit chef-d’œuvre, discret mais très profond. (Souce commentaire d père abbé de Triors https://www.hommenouveau.fr/1168/culture/introit-oculi-mei.htm)

Pour retrouver les chants de ce dimanche suive ici >>>  
Et les lectures en suivant ce lien >>>

 

Bon dimanche et bonne semaine

4TC laetare sunday manuscript460Laetare Ierusalem

Réjouis-toi, Jérusalem ; et rassemblez-vous, vous tous qui l'aimez ; soyez pleins de joie, vous qui étiez dans la tristesse ; débordants d'allégresse, venez puiser à son sein votre consolation. (Isaïe 66, 10.11)
V/. Je me suis réjoui quand on m'a dit : Nous irons dans la maison du Seigneur ( Ps 121)

Au milieu du Carême l'Eglise nous propose une pause dans l'austérité pour nous réjouir. C'est le sens du mot Laetare, Réjouissez-vous.

Les soixante-dix ans de la captivité seront bientôt écoulés. Encore un peu de temps et les exilés rentreront dans Jérusalem : telle est la pensée de l'Eglise dans tous les chants de cette messe.Tous  expriment la jubilation, parce que, dans peu de jours, la maison du Seigneur dépouillera le deuil et reprendra toutes ses pompes. Pour approfondir suivre Dom Guéranger dans ses commentaires

Tous les textes (ou presque) des chants propres de ce dimanche nous parlent de Temple, de Maison de Dieu. Jésus n'a-t-il pas dit "Détruisez ce Temple et je le rebâtirai en trois jours" (Jn 2, 19) ?  Ainsi

  • Dans l'Introït Laetare le prophète Isaïe nous dit que c'est Dieu lui-même qui bâtit sa propre DEMEURE (Is 66, 1-9) et dans les deux versets qui suivent (10 et 11) il nous invite à nous en réjouir, à nous y rassembler car c'est de là viendra notre consolation. Allusion sans nul doute à Jésus qui est la DEMEURE sur laquelle nous devons nous appuyer. La mélodie en mode V (FA-DO) reste "collée" au DO pour s’élancer encore plus haut que la quinte FA-DO, vers le MI aux deux mots exultémus (exultez) et satiémimini (soyez rassasiés).
  • Le Graduel Laetatus sum, très belle pièce en mode VII, empruntant son texte au psaume 121 (verset 1), psaume de la montée, qui chante le retour de l'exil à Babylonne vers la Jérusalem, lieu de paix et de salut.Fiat pax in virtutute tua.
  • La communion Ierusalem chante le Temple de Jérusalem (ps 121 versets 3&4) vers lequel montent les tributs d'Israël, libérés de l'exil Illuc enim ascenderunt. Vous remarquerez que la musique décolle pour s'envoler vers la hauteur RE

Pour retrouver tous les chants de ce dimanche suivre ici >>> 
Pour approfondir les lectures de ce dimanche suivre ce lien >>>

Bon dimanche et bonne semaine