imgae temps ordinaireDès le lendemain de la solennité de la Pentecôte nous entrons dans un nouveau cycle de 26 semaines du Temps dit Ordinaire ou PER ANNUM, durant lesquelles l'Esprit de la Pentecôte restera présent dans l'Eglise. Il débute avec deux fêtes d'exception, deux solennités : Celle de la Très Sainte Trinité, fondement de notre foi en Dieu trine : Père, Fils et Esprit-Saint et celle ensuite du Corps et du Sang du Christ, communément appelée Fête-Dieu .

Après ces deux grandes fêtes suivent une série de 24 dimanches dits du Temps Ordinaire.

Nous vous présentons semaine après semaine,

  • Une description sommaire du sens de la fête , 
  • des liens qui vous permettent de vous familiariser avec les chants de la messe
  • des liens sue le site AELF pour que vos puissiez lire et méditer les lectures de la Parole de Dieu

SaintSacrementSolennité du Très Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, 2 juin 2024

populairement appelée la Fête-Dieu. Célébrée pour la première fois dans le diocèse de Liège en 1247, étendue à l’Église universelle en 1264 par le pape Urbain IV, mais c’est surtout au siècle suivant qu’elle fut mise en oeuvre par deux autres papes français : Clément V († 1314) et Jean XXII († 1334)

"Une grande solennité s'est levée sur le monde : la Fête-Dieu, ainsi l'ont appelée nos pères ; vraiment fête de Dieu, mais aussi fête de l'homme, étant la fête du Christ-médiateur présent dans l'Hostie pour donner Dieu à l'homme et l'homme à Dieu. L'union divine est l'aspiration de l'humanité ; à cette aspiration, ici-bas même, Dieu a répondu par une invention du ciel. L'homme célèbre aujourd'hui cette divine merveille." (Dom Guéranger dans l'année liturgique)

 L'introït emprunt son texte au psaume 80  (Versets 17, 2, 3 et 11) où il est question de nourriture que Dieu procure pour son peuple qu'il a fait sortir d’Égypte
"Il les a nourris de la fleur du froment, alléluia, il les a rassasiés du miel qui coule du rocher, alléluia." (Verset 17)In CibavitEos
La mélodie en mode 2 (RE-FA) se suspendant à la corde aiguë FA et implorant, sait chanter le privilège de nourriture spirituelle (D'après Les modes grégoriens de Dom Saulnier page 58). On remarquera aussi le triple Alléluia final reprend son droit pour cette fête. Le Corps du Christ, nourriture pascale pour le nouveau peuple Israël.

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10ToBJarddinEdenL’introït de ce dimanche s'ouvre avec le psaume 129 qui nous rappelle notre condition de pécheurs et de la miséricorde du Seigneur.
Si iniquitates observaveris, Domine 
Si tu retiens, Seigneur nos fautes, qui donc subsistera ? 
Mais auprès de toi se trouve le pardon, Dieu d'Israël !

Ce texte est servi par une musique en mode III (Mi-Si) pour signifier la gravité de la situation dont le psaume 129 relaie en quelque sorte en écho. La musique part du bas MI pour remonter jusqu'au SI-DO et ne s'y décolle plus. 

La première lecture (Ge 3, 9-15) nous fait méditer sur l'épisode du péché originel où Dieu ne rejette ni Adam, ni Eve. Mais a mis tout la conséquence de la tentation su le serpent :"Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ta descendance et sa descendance celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon".
Ainsi l'hostilité est permanente entre le Tentateur et la femme, mère du genre humain. Mais le Seigneur est à nos côtés si de nos profondeurs de pécheurs nous savons crier vers lui. "Des profondeurs je crie vers Toi, Seigneur..." (Ps 129 v 1).
Le verset de l'Alléluia ("Dieu, qui sièges sur ton trône et juges avec équité, sois le refuge des pauvres dans leur détresse." , Ps 9 versets 5 et 10)) vient, dans une musique lumineux en mode VII, confirmer la suprématie de Dieu sur Satan !

L'antienne de communion  "Quiconque fait la volonté de mon père, qui est dans les cieux, celui est pour moi un frère, une sœur et une mère, dit le Seigneur. Mt 12, 50) met en musique la conclusion de l’Évangile du jour.

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EnferExaudi, Domine,vocem meam, qua clamavi ad te :
Adiutor meus esto, ne derelinquas me, 
neque despicias me, 
Deus salutaris meus.
Ps. : Dominus illuminatio mea et salus mea :quem timebo ?

Exauce, Seigneur, ma voix qui a lancé vers Toi son appel :
sois mon secours, ne m’abandonne pas
et ne me regarde pas avec dédain, Dieu, mon sauveur.(Ps 26, 7.9.1)

Un simple regard de l'introït nous fait distinguer 3 unités (et seulement 2 phrases). 

  • La première  Exaudi, Domine,vocem meam, qua clamavi ad te :est soutenue par la corde mélodique de FA. On remarquera un phénomène assez rare : une intonation descendante de FA à DO
  • La deuxième Adiutor meus esto, ne derelinquas me neque despicias me est soutenue par la corde mélodique de SOL
  • L'épiclèse finale de la pièce, Deus salutaris meus est pour ainsi dire à double volet: le Destinataire se voit désigné d'abord par un Deus au dessin mélodique descendant (nouvelle chute significative au terme grave du mode) et à l'écriture appuyée (torculus resupínus expressif), puis par un salutaris à la ligne mélodique ascendante RE-LA. (D'après "Chante et Marche du frère F. CASSINGE-TREVIDY Tomme III pages 47) 

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EnferDominus fortitudo plebis suae, et protector salutarium Christi sui est : 
salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hereditati tuae,et rege eos usque in saeculum.
Ps :Ad te, Domine, clamabo, Deus meus, ne sileas a me :ne quando taceas a me et assimilabor descentibus in lacum.
Vers toi, Seigneur, je lancerai mon appel, mon Dieu, ne garde pas silence loin de moi : que jamais ta voix ne se taise pour moi : là, je serai comme ceux qui descendent dans l’abîme.
Ps. Le Seigneur est la force de son peuple, et le protecteur des délivrances de son Christ : 
sauvez votre peuple, Seigneur, et bénissez votre héritage, et dirigez-les, jusques en l’éternité (Psaume 27 8, 9 et 1)

Dominus fortitudo ouvre une trilogie d’introïts estivaux dans lesquels c'est le peuple entier qui s”exprime (Dominus fortitudo, Omnes gentes, Suscepimus). Par ailleurs, attentifs à ce souci de pertinence systématiques et de mise en situation concrété qui guide si souvent le choix de l”antienne d'introït, nous avions évoqué, au sujet de Dominus illuminatiio, l'impression lumineuse, voire l'éblouissement, que peut éprouver le fidèle qui pénètre dans l'espace liturgique. Peut-être est-ce à une autre impression fondamentale que Domínus fortitudo fournit à son tour un exutoire vocal, à savoir celle de force : force de l'assemblée chrétienne célébrant comme un seul homme, force du Peuple de Dieu dans son apparition et son exercice liturgiques fortitudo plebis dont l”eucharistie célébrée - dont le Seigneur en personne est la source. In fortítudine cibi illius... " Fort de cette nourriture", est-il rapporté du prophète Élie, «il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, l'Horeb " (1 R 19, 8).(Père Cassingena-Trévidy - Les Introïts III p 59-60)

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In OmnesGentes 13ToCOmnes gentes plaudite manibus : iubilate Deo in voce exsultationis.
Ps : Quoniam Dominus excelsus (summus) terribilis : rex magnus super omnem terram.
Toutes nations, battez des mains : jubilez pour Dieu en un chant d’allégresse !
Car le Seigneur est très haut, redoutable : grand Roi sur toute la terre.

Ah ça! voilà des gens - gentes ~ heureux d'aller à l'église le dimanche ! Au moins quelqu'un qui est heureux d”y aller et qui y invite les autres ! Car cette antienne, comme Venite adoremus du 5e dimanche, est fondamentalement un invitatoire. Voilà un introït à la main, à pleines mains: des mains nues et naïves qui s'improvisent toutes seules instruments de musique: plaudite manibus ! Une manifestation, c'est-à-dire, bien entendu, une fête des mains. Une entrée du peuple avec applaudissements. Une entrée des Nations païennes - des Gentils - dans l”Église qui leur est ouverte. Ecce convertímur ad gentes, déclarent solennellement Paul et Barnabé: «Nous nous tournons vers les païens... Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux-là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle» (Ac 13, 46-4.8). Pour parler plus couramment encore, une entrée des «gens ››, des petites gens, des bonnes gens à l'église la messe dominicale, une entrée de tout le monde. Une entrée de ces demi-païens ou "demi-chrétiens" que nous sommes tous et que nous restons toujours, encore qu'appelés à la "vie angélique"  et chantant de fait, chaque dimanche, à parité avec les anges : Sanctus, sanctus, sanctus.. Une entrée du Seigneur lui-même, aussi, bien sûr (puisqu'il y a beau temps qu'il marche avec nous), sous les applaudissements de son peuple. 

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